26 juillet - Stater pond - région de l'amiante - secteur Irlande

Leste disjoint - Lestes Disjonctus - femelle

Stater pond, situé à environ 75 km au sud de Lévis, est un petit lac marécageux entre St-Ferdinand et Thetford mines. Il est alimenté principalement par la rivière Bécancour et ses baies peu profondes sont parsemées de végétations aquatiques formant de superbes habitats pour les libellules. Je connaissais bien cet endroit pour y avoir fait de l'observation d'oiseaux pendant plusieurs années mais je n'avais aucune idée de ses populations d'odonates.

Nous débutons notre périple à 08h30 au pont Marcheterre, enjambant la rivière Bécancour, mais sans grand succès. Nous nous dirigons alors vers le pont de la cheville, enjambant un autre affluent du Stater Pond, où le soleil a déjà commencé à faire son effet sur les libellules du coin. Juste en amont, il y a un élargissement de la rivière formant une zone marécageuse et herbeuse où l'Agrion de Hagen - Enallagama hageni - est définitivement l'espèce dominante de ce milieu. Nous capturons aussi quelques Agrion enivré - Enallagama ebrium et des Leste disjoint - Lestes disjonctus. Toutefois une espèce que nous ne nous attendions pas à trouver à cet endroit, et surtout pas en aussi grand nombre,  le Leste élancé - Lestes rectangularis, fut une belle découverte. Nous avons capturé et relâché une bonne douzaine d'individus mâles et femelles et en avons observés autant, ce qui nous a permis de constater que cette espèce est bien présente aux portes de la grande région de Québec et vient en quelque sorte expliquer la présence de celui découvert à Château-Richer récemment. Il faut donc cibler les bons habitats pour en découvrir ailleurs dans la région.

Leste élancé - Lestes rectangularis - mâle. Notez la margination pâle au bout des ailes.

Du côté des plus grandes libellules fréquentant ce milieu, nous avons identifiés un mâle de Cordulie écorcée - Dorocordulia libera, une femelle de Cordulie de Walsh - Somatochlora walshii, une femelle d'Épithèque canine - Epitheca canis, deux individus de La gracieuse - Libellula pulchella, une femelle de La lydienne - Plathemis lydia ainsi que plusieurs individus de Sympétrum éclaireur - Sympetrum obtrusum.

Cordulie écorcée - Dorocordulia libera - mâle

Cordulie de Walsh - Somatochlora walshii - femelle

Épithèque canine - Epitheca canis - femelle

La Lydienne - Plathemis lydia - femelle

Nous nous dirigeons par la suite vers l'étang Stater pond où nous trouvons un stationnement donnant accès à la rive. À cet endroit, le milieu ressemble à celui que nous avons patrouillé près du pont de la cheville et on y retrouve aussi de nombreux Agrion de Hagen - Enallagama hageni, quelques Agrion enivré - Enallagama ebrium, des Leste élancé - Lestes rectangularis, des Sympétrum éclaireur - Sympetrum obtrusum, dont des individus ténérals, et un Anax - Anax junius patrouillant le secteur près du stationnement.

Vers 14h00, avec la chaleur qui s'est installée, nous décidons de retourner vers le pont Marcheterre. La rivière qui n'est pas très large, peu profonde et sur fond de gravier nous permet d'y marcher tout en scrutant les rives où l'on retrouve de longues herbes. Le milieu semble tout à fait propice pour trouver des caloptéryx et ce n'est pas très long avant que l'on découvre le premier et il s'agit d'une femelle Caloptéryx à taches apicales - Calopteryx aequabilis. Par la suite les observations de cette espèce s'ajoute une après l'autre pour atteindre une vingtaine, sinon plus, d'individus. À un moment donné j'en avais sept devant moi dans un rayon de moins de deux mètres posés dans la végétation surplombant la rivière!


Caloptéryx à taches apicales  - Calopteryx aequabilis - mâle

Caloptéryx à taches apicales  - Calopteryx aequabilis - femelle

Nous observons aussi, quoiqu'en moins grand nombre, plusieurs individus de Caloptéryx bistré - Calopteryx maculata. J'estime avoir vu au moins six individus de cette espèce dont des mâles et des femelles.

Caloptéryx bistré - Calopteryx maculata - mâle

Une libellule que je ne connaissais pas chassait en rase-motte tout près de la rive ombragée de la rivière. J'ai appris de Guy que c'était le comportement tout à fait normal de cette espèce et il s'agit de l'Aeschne vineuse - Boyeria vinosa.  Nous avons observé quelques individus dont trois capturés pour identification puis relâchés.


Aeschne vineuse - Boyeria vinosa - mâle

Une autre très belle découverte pour l'endroit alors que deux individus de l'Argie violacée - Argia fumipennis violacea ont pu être observés. Maurice a capturé un mâle qu'il a malencontreusement échappé mais Guy retrouve une femelle dans le même secteur que nous avons le loisir d'observer de près alors qu'elle chassait et capturait de menus insectes au vol tout près de son perchoir. Voici une photo de cette Argie violacée femelle, gracieuseté de Maurice.


Argie violacée - Argia fumipennis - femelle

Mais hola! l'espèce du jour a été capturée par Guy tout près de l'endroit où Maurice a capturé l'Argie violacée mâle quelques minutes auparavant. Dans les hautes herbes elle était posée discrètement et elle s'est fait surprendre. Je garderai l'identification sous silence pour l'instant, Guy préférant révéler le nom de l'espèce lors de la prochaine assemblée des responsables de l'Atlas des Libellules du Québec en novembre prochain.

Pour ma part, j'ai terminé la journée avec une découverte fort intéressante alors que j'observe pour la toute première fois la mythique araignée d'eau. Elle est sur une roche et se laisse descendre, retenue par un fil, vers la rivière. Je remarque qu'elle se déplace difficilement et elle semble plus se trainer que marcher car il lui manque plusieurs pattes. Certaines plaies semblent fraîches et elle est possiblement mal en point mais la faim la pousse probablement à quitter son repère pour se nourrir. Elle a une envergure d'environ cinq centimètres et ses yeux sont vraiment impressionnant! 

Pour m'aider à identifier l'espèce j'ai fait appel à un passionné des araignées, Claude Simard. Voici sa réponse:

<< Le genre Pisaurina est habituellement plus marqué extérieurement (2 espèces au Québec) et je crois qu'on peut l'exclure. Il reste 4 espèces du genre Dolomedes. Étant donné l'assez grande variabilité des motifs extérieurs, D. tenebrosus, D. striatus et D. scriptus sont des candidats valables. Je maintiens toutefois ma préférence pour D. scriptus. Jusqu'à tout récemment, D. tenebrosus détenait la mention de la plus grande araignée au Québec mais un site bien informé ( scienceinfuse.org) révèle que D. scriptus est probablement la plus grande avec des mentions de 30 mm (sans les pattes). Assez pour faire peur mais pas dangereux du tout >>.



Araignée d'eau - possiblement Dolomedes scriptus


Araignée d'eau - possiblement Dolomedes scriptus

Wow, ce fut une journée riche en émotions!

Alain Côté
Guy Lemelin
Maurice Raymond



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